Edition trimestrielle
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CONCA D’ARGENTU
Bulletin
municipal d'informations de Piedicorte Di Gaggio
1 – EDITORIAL :
Voici avec un
peu de retard le numéro 6 de notre bulletin. Aux rubriques habituelles
concernant les faits divers dans lesquelles nous abordons les aspects
multiples du village : problèmes et qualité de l’eau, concerts de l’été,
rentrée de l’Ecole, etc., nous avons voulu ajouter ou évoquer quelques faits
ou personnages qui ont marqué leur époque : Muse dont beaucoup se
souviennent encore, mais aussi plus lointains la Voyante de Piedicorte et le
duel Alessandri/Benedetti. Par
ailleurs, nous ne pouvions publier ce numéro sans évoquer la terrible journée
du 22 septembre 1943 qui endeuilla cruellement notre village il y aura
bientôt 60 ans. L’an prochain il conviendra de marquer tout particulièrement
cette journée par une cérémonie commémorative. Chacun peut dès maintenant
exprimer des idées sur la façon de l’organiser. |
SOMMAIRE1.
EDITORIAL 4.
LE JOURNAL 7.
DETTI E FATTI DI I TEMPI ANDADI 10.
ILS SE SONT UNIS 11.
SIVOM 12.
QUALITE DE L’EAU 14.
MOUVEMENTS A LA GENDARMERIE ********************************* TOUTES LES
IMAGES PEUVENT ËTRE AGRANDIES |
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Retrouvez nos
bulletins et d’autres informations sur le site internet : http://www.piedicorte.fr.st ou
http://site.voila.fr/piedicorte Faites nous connaître vos observations, vos souhaits éventuels
et communiquez toutes informations qui semblent intéressantes d'être publiées
dans ce bulletin ou le livre d’or du site Vous contribuerez ainsi à leur
pérennité.
04 95 48 81 12 - 06 87 19 61 60 Téléphone mairie : 04 95 48 81 22 fax mairie : 04 95 48 85 33 Directeur de publication François Corazzini. Comité de
rédaction: Gérald Lamonzie, Pierre Jean Simoni, Genevieve Dumas |
Natif de
Piedicorte, il s’appelait Muse, c’est à dire Moïse. Son âge ? C’est un
Monsieur qui n’avait pas d’âge ni en apparence ni dans son comportement.
Svelte comme
un cabri, il aimait beaucoup les enfants au point de passer parfois beaucoup de
temps à leur fabriquer des sifflets en fer blanc qu’il découpait dans des
boîtes de conserve. Puis en un tour de main, un coup de soudure, le tour était
joué.
Mais
l’histoire de Muse ne s’arrête pas là. Garçon rangé jusqu’à son départ à la
guerre de 1914-1918 (où il avait été blessé), il n’en fut pas de même lors de
son retour à la vie civile.
Aimant particulièrement la
vie libre et indépendante, il reprit son métier d’avant guerre, celui de
‘’paghiulaghu’’ c’est à dire chaudronnier ou rétameur.
Il était connu
disait-on de la Corse entière. Ses déplacements le menaient au gré du hasard.
Mais il n’oubliait jamais de revenir dans son cher village de Piedicorte.
Etait-il philosophe ?
Peut-être. Certes il ne vivait pas comme Diogène dans un tonneau, mais il avait
résolu l’un des problèmes majeurs de l’existence en faisant halte aux abords
des fours. C’était son bivouac comme il disait : « mamma m’a lascia
du tutti i forni ». Très plaisantin, peu disert mais avec des à propos
pleins de bon sens, il était très respecté malgré un accoutrement qui n’était
pas de première mise ; souvent habillé en haillons et portant des
chaussures éculées
.
Nous allions
oublier de préciser que ses approches des fours n’étaient pas pour se faire
nourrir comme on aurait pu l’imaginer. Non, Muse n’était pas un mendiant.
Le four avait
simplement l’avantage d’être chauffé dans la journée et de conserver par temps
froid une douce tiédeur jusqu’au matin, qu’il appréciait pour lui-même mais
aussi pour son chien. Car il adorait les animaux et ceux ci le lui rendaient
bien et il n’était pas avare avec. Ainsi lorsqu’il percevait sa maigre pension
de guerre, il ne manquait jamais d’acheter quelque friandise pour son chien
Caïd.
Pendant les 5 ou 6 dernières
années de son existence, chose inattendue, il alla vivre à Vezzani auprès de
ses neveux et nièces et de sa belle-sœur Madeleine PASQUALI chez qui il reprit
une vie normale. Lors de son décès à l’âge de 86 ans, beaucoup de personnes ont
tenu à témoigner de leur sympathie tant il a suscité de regrets.
3 – UNE HISTOIRE D’EAU
Dès les premières grosses
chaleurs du mois de mai revient la question lancinante : ‘’aurons-nous de
l’eau ? ‘’. Puis, à nouveau, au cœur de l’été : ‘’Avez-vous de
l’eau ?’’. Avec une variante : ‘’aurons-nous des coupures
d’eau ?’’, ou pire : à quelle heure la coupure d’eau ?’’.
En
avez-vous ? Oui ? Savez-vous pourquoi ?
Pour qu’il y
ait de l’eau, il faut d’abord :
- qu’il ait plu suffisamment à l’automne et au printemps,
- ou qu’il ait neigé l’hiver, ou, encore mieux, les deux.
Il faut
ensuite trouver des sources, les capter, les surveiller. Il faut encore
contrôler fréquemment les captages et, quotidiennement pendant la période
délicate, le remplissage des réservoirs. Il faut enfin vérifier le bon
fonctionnement des pompes de relevage qui assurent l’arrivée de l’eau au réseau
de canalisations.
Ces quelques
évidences dites en deux mots impliquent cependant un travail de fourmi, peu
gratifiant mais indispensable, qui comprend des tâches forestières, plombières
et maçonnes, telles que grimper dans la châtaigneraie, tracer un chemin à la
faucille à travers les ronces, les fourrés et les bois morts, débroussailler et
nettoyer les abords des sources, cimenter et fermer les regards, aboucher les
kilomètres de tuyaux, et leurs raccords, qui mènent l’eau aux bassins. Puis
veiller aux niveaux de ces bassins, tard le soir pour le lendemain ou tôt le
matin pour la journée, en lançant le pompage si nécessaire. Et aussi découvrir
d’où provient cette trace d’eau et arrêter la petite fuite qui, comme celle de
la chasse d’eau, finit par représenter la perte d’un volume qui se compte en
milliers de litres. Quant à ce tuyau, pourquoi ne déverse-t-il que trois gouttes
dans le regard ? La source est-elle tarie ou bouchée par une certaine ‘’queue
de renard’’, minuscule racine devenue écheveau étouffant et obstruction
étanche ?
Et qui assure
ces tâches ? Quelque ingénieur ou technicien des ‘’Eaux et Forêts’’, qui
serait ici particulièrement dans son rôle ? Point.
Mais il y a au
village une poignée de bénévoles, qui se comptent sur les doigts d’une main, et
qui gèrent avec bonne volonté, discrétion et efficacité la distribution de
l’eau pour le bénéfice de tous. A condition…de ne point trop gaspiller le
précieux liquide, précieux dans le monde entier et particulièrement en
Méditerranée, en le répandant à profusion à grands seaux et à grands jets.
Aurons-nous de
l’eau l’année prochaine ? Oui, si…la météo nous est favorable, nos dévoués
de service toujours là et que chacun y veille.
Après
‘’Incompatibilité d’humeur’’ publié dans notre n° 4, voici un autre extrait du
journal recomposé de Pauline GIULIANI (SALEMBIEN) : ‘’Il faudra retourner
voir les Giotto’’
‘’Benoît, 6
ans reçoit une balle de Mauser en pleine tête…la balle a été tirée sur la
voiture de ses parents, sur une route de Seine et Marne, par trois inconnus,
d’une voiture qui a pris la fuite…’’
Corse
Nice-Matin 17 octobre 1988.
C’est fou…on
opine du chef…on passe à un autre titre….La nouvelle s’est perdue dans la foule
de toutes les autres.
Au début de ce
siècle, dans une grande maison d’un village de montagne, pour la lecture du
journal, toute la famille se retrouvait, quand arrivait ‘’le Journal’’.
Le
‘’Journal’’, c’était le fils aîné, employé des P.T.T. , dans la région de
Dijon, plié et tenu fermé par une ficelle fine à un angle, qui l’envoyait. La
lecture, c’était bien sûr pour l’information, mais aussi une pensée pour ce
fils, ce frère, cet oncle qui avait décidé de ne plus s’éreinter sur les
cailloux de la vigne, sous les châtaigniers et les oliviers, avec les mules
chargées du bois de l’hiver…
Le lecteur,
c’était le menuisier ; la famille lui avait loué les caves et il montait,
son travail fini, remplir son office. Il dépliait ‘’le Journal’’, tirait sur
ses bras pour les ajuster à sa presbytie et il lisait…tout….Toutes les pages,
telles qu’elles se présentaient dans l’ordre de leur numérotage, comme les
pages d’un livre ; sur le même ton appliqué, sans effet de voix, avec le
même sérieux qu’il lisait son livre de messe à l’église. L’auditoire ponctuait
par des onomatopées discrètes- sans jamais poser de questions et sans faire de
commentaires.
Ce qui se
passait, autour de la cheminée, tenait de la cérémonie. Les enfants, dans les
bras des adultes ou assis par terre, suivaient en silence, eux aussi. Un soir,
le plus jeune d’entre eux, six ans, se saisit du journal, tendit ses bras en
faisant mine de lire :
«Eu dinno so
legghje » : … “Kimes…Kimes…Kimes…”
“Crime” le seul mot qu’il avait retenu….
Aujourd’hui,
comme déjà hier….la vie avec ces faits divers cruels.
Bastia, Lundi
17 octobre 1988.
5 – LA GRANDE MEULE DU MOULIN DU TAVIGNANO RETROUVEE ?
Nous n’avons pas la
prétention de vouloir absolument affirmer qu’il s’agit d’une meule ayant
appartenu au moulin construit dans les années 1800 par Preté Ghuvan Pietru
Guiliani en même temps que le Palais ou de celle d’un ancien moulin situé au
même emplacement mais remontant à plusieurs siècles.
La raison qui
nous conduit à formuler cette thèse est la forme et l’aspect des meurtrissures
de la meule qui laissent penser qu’il a fallu des années de violentes secousses
et entrechocs pour obtenir un tel état d’érosion sur un objet de nature aussi
peu friable.
Le grand moulin du Pont de
Piedicorte jouxtait le lit du fleuve, mais s’agissant d’une bâtisse de bonne
construction, elle avait longtemps résisté à l’assaut de toutes les crues.
Après la première guerre mondiale, n’ayant plus grand chose à moudre, le
dernier des meuniers, Ziu Michele GALEAZZI et son épouse Zia MADALENA (1),
s’étaient retirés à Piedicorte laissant derrière eux tant et tant de bons
souvenirs. (2)
Il n’empêche
que lors des années tristes de la seconde guerre mondiale, malgré le retour à
la terre avec une abondante moisson de blé et un redoublement de la production
de châtaignes à moudre, le vieux moulin n’était plus en état de reprendre du
service.
Des pans de murs encore
debout, la toiture écroulée et le reste difforme, il résista encore pendant
plusieurs années dans cet état de délabrement pour en arriver à l’état actuel
où il est très malaisé de le situer avec précision.
(1)
Ziu Michèle et zia Madalena étaient les grands-parents de Josette
MAYALI.
(2)
Quelques lignes dans le roman de Noël EXIGA relatent des scènes de vie
au moulin, lorsque Nunzia, la fille de la maison, encore très jeune, savait si
bien cuisiner et recevoir les hôtes fréquemment retenus à table.
Le bombardement de Piedicorte di Gaggio
Voici
ci-après l’article paru dans Corse-Matin et dont une partie avait été
involontairement omise.
22
septembre 1943 : Il va bientôt être 15h. Par cette très belle journée de septembre,
c’est le drame !
Alors que
certains habitants terminent leur sieste, que d’autres vaquent à leurs
occupations ou prennent le frais dans les ruelles ou placettes du village,
quelques enfants suivent les cours de Côme MARIOTTI ou jouent dans les rues du
village, s’arrêtent un instant pour assister, comme d’autres personnes, à
l’abattage d’un veau devant la boucherie puis, attirés par le passage d’une
voiture, se précipitent vers le café ‘’MAGNAVACCA’’.
C’est alors, à
cet instant précis, que des avions allemands surgissent au-dessus du Monte
Gaggio et, en piqué, lâchent cinq bombes sur le village. Deux seulement
atteignent leur objectif et tombent pratiquement au même endroit : là même
où a lieu l’attroupement devant la boucherie et où se trouvaient quelques
secondes auparavant la troupe d’enfants et à quelques mètres de la maison où
les autres suivaient des cours.
Après le
fracas des bombes, c’est une vision d’horreur. Horreur aggravée par le
mitraillage du village au moment du bombardement et un moment après, au retour
des avions.
Dans un nuage de poussière,
on constate que la ‘’Casa Pilera’’ est la plus touchée. Toutes celles qui se
trouvent dans son périmètre sont très abîmées et devront être démolies peu de
temps après par mesure de sécurité. C’est dans ce périmètre que se trouvent les
victimes.
Pierre-Jean
SIMONI raconte : ‘’lorsque je suis arrivé sur les lieux, immédiatement
après le mitraillage, j’ai rencontré Madame Lili PIETRI qui pleurait la mort de
son mari Marius PIETRI. Ce qui m’a frappé le plus est la vue de Victor
ANTONETTI prononçant ses derniers mots, alors que Joseph LUCCIONI le secourait
et lui donnait à boire : ‘’Où est mon père ?’’ disait-il ‘’
Son père
venait d’échapper par miracle à la mort. Valentin ANTONETTI son fils (et frère
de Victor) se souvient : ‘’étant à la maison voisine des maisons
touchées, je me suis précipité à la fenêtre et, dans un nuage de poussière,
j’ai aperçu dans la rue la silhouette d’un homme qui se déplaçait à quatre
pattes, couvert de terre. C’était mon père. Il se trouvait dans la cave du
groupe de maisons sur lequel les bombes étaient tombées et avait échappé
miraculeusement à la mort’’.
Pierre-Jean
SIMONI poursuit : ‘’Chez moi, je trouve mon père qui donnait les
derniers soins à ma tante Rose SIMONI, laquelle a expiré dans mes bras
peu après en prononçant ces derniers mots ‘’ghie statu u tonnu’’(c’est le
tonnerre).
Sur les
décombres, se trouvait une mère en pleurs : Marie MASSIANI, qui
recherchait ses deux fillettes ensevelies sous un enchevêtrement de poutres et
de pierres. Anna MASSIANI a pu être sauvée grâce aux habitants et à l’antenne
de secours constituée d’un médecin italien et de gendarmes. Malheureusement, sa
sœur Thérèse MASSIANI âgée de 7 ans, n’a pu être retrouvée, sans vie,
que le lendemain.’’
Ce
bombardement a marqué à vie les habitants du village qui a payé un lourd tribut
à la guerre : 9 morts et une dizaine de blessés dont certains grièvement
atteints ; 5 maisons détruites, et beaucoup d’autres ébranlées et
endommagées.
La plaque
commémorative apposée sur la maison reconstruite porte le nom de toutes les
victimes.
Parmi
celles-ci : Marius PIETRI et Victor ANTONETTI étaient des
résistants qui, comme d’autres villageois, appartenaient au maquis. Ils
assuraient, entre autres missions, la surveillance du pont du Corsiglièse.
Jean Noël
CORAZZINI qui
était en train d’abattre le veau sur la Piazetta a été gravement atteint et
décéda quelques années après.
Marguerite
MARIOTTI
fut tuée sur le coup.
Estelle
Marie OTTAVI
touchée lors du mitraillage et Jeanne ROSSI ayant eu un bras arraché ne
survécurent pas à leurs blessures.
Valérie
LUCCIONI se
retrouva ensevelie sous les décombres de la maison. Elle ne survécut que
quelques semaines.
Il est
regrettable que très peu d’ouvrages sur la Corse et la Résistance n’évoquent
ces moments tragiques ; Piedicorte étant l’un des rares village de Corse à
avoir été bombardé et surtout mitraillé.
Mais cet acte
de pure barbarie contre la population civile est toujours bien présent dans la
mémoire des Piedicortais, surtout de ceux qui l’ont vécu et qui veulent le
faire connaître ou le rappeler aux plus jeunes afin que ceux qui ont péri ou en
ont souffert ne soient jamais oubliés.
7 - DETTI E FATTI DI I TEMPI ANDADI
(les dires et les faits du temps passé)
« Deux
hommes d’honneur, Alessandri et
Benedetti se battent en duel. »
Cela fait 107
ans, ce duel s’est traduit par la mort du Docteur Pierre Antoine Allessandri,
ancien chirurgien de la marine qui est tombé sous les balles de son
compétiteur, M. Jean Charles Bénédetti de Piedicorte, qui comme lui avait
brigué le mandat de Conseiller Général du Canton de Piedicorte di Gaggio, lors
du scrutin du 28 juillet 1895.
Selon Jean
Charles Benedetti, des fraudes auraient eu lieu à Pietraserena et à Giuncaggio.
Une brouille inextricable s’est alors instaurée, et toute la presse insulaire
s’est enflammée au point que les deux
antagonistes s’invectivèrent sans ménagement…
Ainsi ils en
vinrent chacun de leur côté à tout mettre en branle pour sauver l’honneur.
C’est dire combien à cette époque, le monde était chatouilleux sur l’honneur.
Et les mots qui déclenchèrent une vindicte de la part du chirurgien Alessandri
ne sont autres que : « …il ne voudra souiller ni ses galons, ni son
ruban.. » entendons par là qu’il voulait parler de la légion d’honneur. Et
tandis que les journaux (1) poursuivaient leur travail de sape, Jean Charles
Benedetti se livra à une déclaration dans laquelle il indiquait « le
lendemain 27 août, j’appris par l’intermédiaire de mes témoins, qu’une rencontre
ayant été rendue inévitable, elle aurait lieu dans la matinée du 28 août à
l’heure convenue… ».
A l’instant
précis où les deux duellistes s’étaient mis face à face, plage du Ricanto à
Ajaccio, en présence de leurs témoins respectifs à l’aube, nous relevons un
suprême geste d’élégance de la part de Jean Charles Benedetti, tirant de la
poche de sa redingote (2) un porte cigares en métal et le remettant à M.
Santelli en lui disant : « Prenez docteur, je ne voudrais pas si un
malheur m’arrivait, que l’on puisse s’imaginer que je m’étais cuirassé contre
les balles de mon adversaire.
(1) Le Journal de Bastia – le Pascal Paoli –
La République
(2)
Assurément, la redingote était de mise..
8 - EXPLOSION PRES DU VILLAGE
Le samedi 28 septembre à
15h30, quelques personnes ont pu entendre dans le village le bruit d’une
explosion provenant des environs du couvent.
En fait il s’agissait de
l’explosion d’un engin de guerre découvert le matin même à PIANA GRADA sur le
terrain en cours de réhabilitation par Ange Paul CORAZZINI.. Lors d’un passage
du tracteur pour la plantation d’orge, la griffe de la machine mis à nu un obus
d’environ 40cm. Après l’avoir isolé à distance respectueuse, la gendarmerie a
été avisée de cette trouvaille et a immédiatement contacté le service de
déminage à Bastia.
Mortier
américain de 80mm datant de 39/4
5
Une équipe de démineurs de la
Sécurité Civile a aussitôt été envoyée au village.
A leur arrivée vers 15h,
notre charmante et dévouée Magali Gallais, de permanence à la gendarmerie ce
jour là, les a guidés vers les lieux de la découverte et y a également conduit
le Maire et ses adjoints.
L’engin ayant été
identifié (un obus de mortier américain de 80mm M2 datant de la seconde
guerre mondiale), ils ont décidé de le neutraliser sur place en le faisant
exploser, le transport d’un tel engin étant formellement interdit.
Après avoir
éloigné à environ 800m les quelques personnes présentes, l’obus a été
légèrement enterré derrière un petit monticule. Puis une petite charge placée à
coté et commandée à distance a provoqué son explosion.
Un petit
cratère s’est formé à l’emplacement du tir. Il ne restait strictement rien de
l’engin à l’exception de quelques morceaux d’acier de moins d’1 cm².
Le mystère
demeure sur l’origine de cet explosif qui est toujours tiré du sol: un tir
avorté de la seconde guerre, ou bien oublié lors de manœuvres de la légion ou
plus vraisemblablement échappé d’une caisse de munitions lors d’un parachutage
d’armes pour la résistance. Toute explication sur l’origine de cet engin serait
la bienvenue.
Toutefois on
peut penser qu’il peut fort bien y en avoir d’autres à proximité et imaginer
les conséquences tragiques qu’aurait pu causer cet engin s’il avait
malencontreusement été écrasé ou brûlé.
Cette affaire
défraya la chronique au début du 20ème siècle, au point que les ‘’médias’’
de l’époque ne manquèrent pas d’en faire état en publiant la photo ci-dessous
avec précisons-le en gros titre ‘’la voyante de Piedicorte di Gaggio’’.
La voyante de Piedicorte
(photo Moretti)
N’ayant eu la possibilité de
retrouver aucune trace écrite, hormis la photo qui aujourd’hui est vendue sur
la plupart des foires et marchés insulaires, ni aucun témoin direct ayant connu
notre personnage, nous allons nous borner à relater ce que nous avons obtenu comme
éléments concernant sa vie, de la bouche de quelques personnes âgées ayant
entendu des bribes de phrases approchant sûrement la réalité.
«Il s’agissait d’une belle
jeune fille sage et rangée élevée par ses parents au milieu de nombreux frères.
Leur maison se situait au Pancone entre celle de Monsieur Antoine Cervoni et de
Monsieur Christian Barbusse. Son père né à Zuani en 1838, s ‘appelait
Martinu Poletti. C’était un grand travailleur. Il faisait un jardin immense, le
plus beau du village au lieu-dit U Rinicciu (plus loin que Castagnetu Sutanu).
Il semblerait
que le qualificatif de voyante lui ait été attribué à tort. Car elle ne disait
pas l’avenir, ne tirait pas les cartes et ne lisait encore moins dans une boule
de cristal. Par contre, elle aurait reçu des flashs consistant en apparitions
de la Sainte Vierge Marie, ce qui provoquait de nombreux déplacements de
foules. De toute part, les gens se rendaient à Piedicorte, attirés par un
mélange de croyances qui malgré tout laissait une large place au doute.
Il semblerait
que le fait de voir tous ces gens vociférant ou priant autour de sa demeure
provoqua un agacement permanent qui devint pratiquement insoutenable.
Aurait-elle
voulu imiter Sainte Bernadette ou autre ? On ne peut l’affirmer. Personne
n’est en mesure de dire combien de temps Catherine a supporté cette étrange
situation à Piedicorte. Un fait est certain : c’est le doyen Gianoni en
charge de notre communauté religieuse à l’époque, qui l’aurait guidée en un
premier temps jusqu’à l’évêché à Ajaccio. D’où selon sa volonté elle a été
admise à pratiquer son noviciat dans le couvent des Clarisses de Bastia. Elle y
vécut jusqu’à sa mort à un âge très avancé. Donc cette brave religieuse vécut
dignement une vie pleine de labeur et de prière en restant fidèle à la foi
profonde qui s’était emparée d’elle.
C’est avec
grand plaisir que nous avons appris le mariage de Tony SUSINI, petit-fils
d’Angèle PASQUALI, le 5 octobre 2002 à BIOT(Alpes Maritimes) avec Brigitte
BERTAÏNA. Toutes nos félicitations à leurs familles et nos vœux de bonheur aux
jeunes époux.
Le 5 octobre
les délégués de chaque municipalité se sont réunis à la Mairie d’Altiani sous
la présidence de François Corazzini. Les points suivants ont été évoqués :
- L’enlèvement
des carcasses est pratiquement achevé. Quelques épaves subsistent cependant
mais elles seront également retirées.
Le Département
subventionnera à hauteur de 60%. Une demande sera également établie auprès de
l’office de l’Environnement.
- Le
Sous-préfet a rappelé au SIVOM ainsi qu’à chaque municipalité que la redevance
concernant l’enlèvement des ordures ménagères doit désormais être perçue
directement par le SIVOM et non plus les communes. Ceci afin d’appliquer un
tarif identique pour l’ensemble des usagers des différentes communes desservies
par le même SIVOM.
Ainsi une
délibération doit être prise pour déléguer cette compétence au SIVOM.
Le principe de
la fiscalisation (taxe perçue directement par le Trésor Public avec l’impôt
foncier) n’a pas été retenu.
Actuellement
il existe des divergences importantes entre les communes. Chaque commune
fournira donc la liste exhaustive de l’ensemble des usagers. Le montant total
du coût total (enlèvement, transport, taxes, frais divers…) sera réparti entre
les différents usagers. Le montant sera fixé lors du vote du budget début 2003.
Pour permettre un recouvrement en temps utile les avis seront envoyés beaucoup
plus tôt.
En ce qui
concerne PIEDICORTE, il faut envisager une augmentation par rapport à la taxe
perçue actuellement.
- L’ensemble
des délégués évoquent ensuite les problèmes de signalisation routière en
particulier au Pont d’Altiani et au Pont du Corsiglièse et envisagent une
réclamation commune.
-
Enfin,
le problème d’une secrétaire commune est évoqué. Toutefois il est d’abord
impératif d’être équipé informatiquement. Par ailleurs certaines communes
disposent déjà d’une secrétaire et ne souhaitent pas en changer.
Les derniers
prélèvements, soumis aux analyses de la DDASS, ont révélé une qualité tout à
fait correcte : ‘’Résultats conformes à la
législation sur les paramètres mesurés. Eau potable bactériologiquement.’’
Les résultats complets des
analyses sont affichés en Mairie et à la disposition de chacun.
Lorsque l’on
sait les problèmes qualitatifs que connaissent de nombreuses communes en milieu
rural, puisque près de 80% de l’eau distribuée n’est pas potable, il faut
apprécier la qualité de l’eau de Piedicorte et à plus forte raison éviter de
gaspiller un bien aussi précieux.
13 - LA RENTREE SCOLAIRE
Cette année, augmentation de l’effectif scolaire qui
est passé de 12 à 15 élèves!
Bienvenue aux trois enfants de la Gendarmerie et à
notre plus jeune recrue, Catia, rentrée en première année de maternelle.
Bienvenue également à Claudia, en poste pour seconder
la maîtresse et s’occuper plus particulièrement des petits.
Bonne année scolaire à tous!
Le jour de la rentrée devant l’école
Il faut tout
d’abord évoquer le départ d’Olivier DURAND pour la gendarmerie de DOURGNE dans
le Tarn et située à quelques kilomètres seulement de son village.
A cette
occasion la mairie a offert un vin d’honneur le 5 juillet, auquel ont
participé, outre les autorités de la gendarmerie et les maires de l’ensemble du
secteur, une grande partie de la population des villages avoisinants. Il faut
dire que par sa gentillesse et sa disponibilité, Olivier avait su se faire
apprécier par la plupart des habitants de la région.
Nous lui
souhaitons encore une fois une pleine réussite dans son nouveau poste et
espérons le revoir souvent en Corse comme il nous l’a promis.
Depuis le mois
de juin trois nouveaux gendarmes ont été nommés à la gendarmerie de
Piedicorte :
Messieurs FERRARA, HILD et TIRADO. Nous leur souhaitons ainsi
qu’a toute leur famille, une bonne installation et un agréable séjour parmi
nous.
Deux concerts ont eu lieu durant l’été.
Le premier qui s’est déroulé le 22 juillet est passé
quasiment inaperçu puisque seulement une douzaine de personnes y ont assisté,
dont très peu de Piedicortais. Il s’agissait pourtant d’un concert polyphonique
de grande qualité, animé par 6 jeunes chanteurs corses et formant le groupe
‘’l’Attrachju’’ Outre quelques chants traditionnels et profanes parfois plein
d’humour (la puce…) il ont interprété quelques chants religieux en terminant
par le Dio Vi Salve Regina.
L’autre concert de très haute qualité et prévu celui
là de longue date a eu lieu le dimanche 18 août. Pauline SALEMBIEN, nouvelle
Présidente de l’association ROC (Renaissance de l’Orgue Corse) a en effet
réussi à faire venir dans notre modeste commune à l’occasion du centenaire de
notre orgue, un ensemble vocal de renommée internationale : le Concert de
l’Hostel Dieu accompagné d’instruments anciens tels la clavecin la viole et le
théorbe qui nous a interprété des œuvres de musique baroque italienne des 17ème
et 18ème siècles (Scarlatti, Vivaldi et Caldara). Viviane Loriot éminente
organiste déjà venue à Piedicorte en 2001 tenait les claviers de notre orgue.
Hélas, malgré la grande assemblée d’amateurs de ce
genre de musique nous devons constater que très peu de Piedicortais étaient
présents.
Félicitations aux interprètes et aux organisateurs
pour ce brillant concert.
La soirée s’est achevée par un apéritif offert par la
municipalité.
Au cours de ses vacances au
Québec où il s’est fortement intéressé à tout ce qui concerne les curiosités
touchant des sujets divers et variés, Monsieur Pierre-Jean Simoni n’a pas
manqué de s’adresser à un auditoire attentif, nous parlant avec chaleur de sa
Corse natale. Il n’a pas manqué non
plus, de souligner combien l’accueil des québécois laissera en lui un souvenir
impérissable, tant les attentions envers sa personne et à la Corse ont été
touchantes.
Pierre-Jean Simoni à l’hôtel de ville de Sherbrooke, Québec, devant son auditoire.