Edition trimestrielle                                                      octobre 2002       N°6      

 


CONCA D’ARGENTU

Bulletin municipal d'informations de Piedicorte Di Gaggio 

1 – EDITORIAL :

 

Voici avec un peu de retard le numéro 6 de notre bulletin. Aux rubriques habituelles concernant les faits divers dans lesquelles nous abordons les aspects multiples du village : problèmes et qualité de l’eau, concerts de l’été, rentrée de l’Ecole, etc., nous avons voulu ajouter ou évoquer quelques faits ou personnages qui ont marqué leur époque : Muse dont beaucoup se souviennent encore, mais aussi plus lointains la Voyante de Piedicorte et le duel Alessandri/Benedetti.

 

Par ailleurs, nous ne pouvions publier ce numéro sans évoquer la terrible journée du 22 septembre 1943 qui endeuilla cruellement notre village il y aura bientôt 60 ans. L’an prochain il conviendra de marquer tout particulièrement cette journée par une cérémonie commémorative. Chacun peut dès maintenant exprimer des idées sur la façon de l’organiser.

SOMMAIRE

1.   EDITORIAL

2.    UN NOM BIBLIQUE

3.   UNE HISTOIRE D’EAU

4.   LE JOURNAL

5.   LA GRANDE MEULE

6.   DEVOIR DE MEMOIRE

7.   DETTI E FATTI DI I TEMPI ANDADI

8.   EXPLOSION PRES DU VILLAGE

9.   UNE MYSTERIEUSE AFFAIRE

10.  ILS SE SONT UNIS

11.  SIVOM

12.  QUALITE DE L’EAU

13.  LA RENTREE DE L’ECOLE

14.  MOUVEMENTS A LA GENDARMERIE

15.  LES CONCERTS DE L’ETE

16.  UN CORSE AU QUEBEC

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TOUTES LES IMAGES PEUVENT ËTRE AGRANDIES

 

Retrouvez nos bulletins et d’autres informations sur le site internet :

http://www.piedicorte.fr.st    ou     http://site.voila.fr/piedicorte

Faites nous connaître vos observations, vos souhaits éventuels et communiquez toutes informations qui semblent intéressantes d'être publiées dans ce bulletin ou le livre d’or du site Vous contribuerez ainsi à leur pérennité.

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Directeur de publication François Corazzini. Comité de rédaction: Gérald Lamonzie, Pierre Jean Simoni, Genevieve Dumas

 


 

2 – UN NOM BIBLIQUE

 

 

Natif de Piedicorte, il s’appelait Muse, c’est à dire Moïse. Son âge ? C’est un Monsieur qui n’avait pas d’âge ni en apparence ni dans son comportement.

Svelte comme un cabri, il aimait beaucoup les enfants au point de passer parfois beaucoup de temps à leur fabriquer des sifflets en fer blanc qu’il découpait dans des boîtes de conserve. Puis en un tour de main, un coup de soudure, le tour était joué.

Mais l’histoire de Muse ne s’arrête pas là. Garçon rangé jusqu’à son départ à la guerre de 1914-1918 (où il avait été blessé), il n’en fut pas de même lors de son retour à la vie civile.

Aimant particulièrement la vie libre et indépendante, il reprit son métier d’avant guerre, celui de ‘’paghiulaghu’’ c’est à dire chaudronnier ou rétameur.

Il était connu disait-on de la Corse entière. Ses déplacements le menaient au gré du hasard. Mais il n’oubliait jamais de revenir dans son cher village de Piedicorte.

Etait-il philosophe ? Peut-être. Certes il ne vivait pas comme Diogène dans un tonneau, mais il avait résolu l’un des problèmes majeurs de l’existence en faisant halte aux abords des fours. C’était son bivouac comme il disait : « mamma m’a lascia du tutti i forni ». Très plaisantin, peu disert mais avec des à propos pleins de bon sens, il était très respecté malgré un accoutrement qui n’était pas de première mise ; souvent habillé en haillons et portant des chaussures éculées

.

 

Nous allions oublier de préciser que ses approches des fours n’étaient pas pour se faire nourrir comme on aurait pu l’imaginer. Non, Muse n’était pas un mendiant.

Le four avait simplement l’avantage d’être chauffé dans la journée et de conserver par temps froid une douce tiédeur jusqu’au matin, qu’il appréciait pour lui-même mais aussi pour son chien. Car il adorait les animaux et ceux ci le lui rendaient bien et il n’était pas avare avec. Ainsi lorsqu’il percevait sa maigre pension de guerre, il ne manquait jamais d’acheter quelque friandise pour son chien Caïd.

Pendant les 5 ou 6 dernières années de son existence, chose inattendue, il alla vivre à Vezzani auprès de ses neveux et nièces et de sa belle-sœur Madeleine PASQUALI chez qui il reprit une vie normale. Lors de son décès à l’âge de 86 ans, beaucoup de personnes ont tenu à témoigner de leur sympathie tant il a suscité de regrets.

 

 

3 – UNE HISTOIRE D’EAU

 

 

Dès les premières grosses chaleurs du mois de mai revient la question lancinante : ‘’aurons-nous de l’eau ? ‘’. Puis, à nouveau, au cœur de l’été : ‘’Avez-vous de l’eau ?’’. Avec une variante : ‘’aurons-nous des coupures d’eau ?’’, ou pire : à quelle heure la coupure d’eau ?’’.

En avez-vous ? Oui ? Savez-vous pourquoi ?

Pour qu’il y ait de l’eau, il faut d’abord :

 - qu’il ait plu suffisamment à l’automne et au printemps,

 - ou qu’il ait neigé l’hiver, ou, encore mieux, les deux.

Il faut ensuite trouver des sources, les capter, les surveiller. Il faut encore contrôler fréquemment les captages et, quotidiennement pendant la période délicate, le remplissage des réservoirs. Il faut enfin vérifier le bon fonctionnement des pompes de relevage qui assurent l’arrivée de l’eau au réseau de canalisations.

Ces quelques évidences dites en deux mots impliquent cependant un travail de fourmi, peu gratifiant mais indispensable, qui comprend des tâches forestières, plombières et maçonnes, telles que grimper dans la châtaigneraie, tracer un chemin à la faucille à travers les ronces, les fourrés et les bois morts, débroussailler et nettoyer les abords des sources, cimenter et fermer les regards, aboucher les kilomètres de tuyaux, et leurs raccords, qui mènent l’eau aux bassins. Puis veiller aux niveaux de ces bassins, tard le soir pour le lendemain ou tôt le matin pour la journée, en lançant le pompage si nécessaire. Et aussi découvrir d’où provient cette trace d’eau et arrêter la petite fuite qui, comme celle de la chasse d’eau, finit par représenter la perte d’un volume qui se compte en milliers de litres. Quant à ce tuyau, pourquoi ne déverse-t-il que trois gouttes dans le regard ? La source est-elle tarie ou bouchée par une certaine ‘’queue de renard’’, minuscule racine devenue écheveau étouffant et obstruction étanche ?

Et qui assure ces tâches ? Quelque ingénieur ou technicien des ‘’Eaux et Forêts’’, qui serait ici particulièrement dans son rôle ? Point.

Mais il y a au village une poignée de bénévoles, qui se comptent sur les doigts d’une main, et qui gèrent avec bonne volonté, discrétion et efficacité la distribution de l’eau pour le bénéfice de tous. A condition…de ne point trop gaspiller le précieux liquide, précieux dans le monde entier et particulièrement en Méditerranée, en le répandant à profusion à grands seaux et à grands jets.

Aurons-nous de l’eau l’année prochaine ? Oui, si…la météo nous est favorable, nos dévoués de service toujours là et que chacun y veille.

 

 

4 - LE JOURNAL

 

Après ‘’Incompatibilité d’humeur’’ publié dans notre n° 4, voici un autre extrait du journal recomposé de Pauline GIULIANI (SALEMBIEN) : ‘’Il faudra retourner voir les Giotto’’

 

‘’Benoît, 6 ans reçoit une balle de Mauser en pleine tête…la balle a été tirée sur la voiture de ses parents, sur une route de Seine et Marne, par trois inconnus, d’une voiture qui a pris la fuite…’’

Corse Nice-Matin 17 octobre 1988.

C’est fou…on opine du chef…on passe à un autre titre….La nouvelle s’est perdue dans la foule de toutes les autres.

Au début de ce siècle, dans une grande maison d’un village de montagne, pour la lecture du journal, toute la famille se retrouvait, quand arrivait ‘’le Journal’’.

Le ‘’Journal’’, c’était le fils aîné, employé des P.T.T. , dans la région de Dijon, plié et tenu fermé par une ficelle fine à un angle, qui l’envoyait. La lecture, c’était bien sûr pour l’information, mais aussi une pensée pour ce fils, ce frère, cet oncle qui avait décidé de ne plus s’éreinter sur les cailloux de la vigne, sous les châtaigniers et les oliviers, avec les mules chargées du bois de l’hiver…

Le lecteur, c’était le menuisier ; la famille lui avait loué les caves et il montait, son travail fini, remplir son office. Il dépliait ‘’le Journal’’, tirait sur ses bras pour les ajuster à sa presbytie et il lisait…tout….Toutes les pages, telles qu’elles se présentaient dans l’ordre de leur numérotage, comme les pages d’un livre ; sur le même ton appliqué, sans effet de voix, avec le même sérieux qu’il lisait son livre de messe à l’église. L’auditoire ponctuait par des onomatopées discrètes- sans jamais poser de questions et sans faire de commentaires.

Ce qui se passait, autour de la cheminée, tenait de la cérémonie. Les enfants, dans les bras des adultes ou assis par terre, suivaient en silence, eux aussi. Un soir, le plus jeune d’entre eux, six ans, se saisit du journal, tendit ses bras en faisant mine de lire :

«Eu dinno so legghje » : … “Kimes…Kimes…Kimes…”   “Crime” le seul mot qu’il avait retenu….

Aujourd’hui, comme déjà hier….la vie avec ces faits divers cruels.

Bastia, Lundi 17 octobre 1988.

 

 

5 – LA GRANDE MEULE DU MOULIN DU TAVIGNANO RETROUVEE ?

 

 

Nous n’avons pas la prétention de vouloir absolument affirmer qu’il s’agit d’une meule ayant appartenu au moulin construit dans les années 1800 par Preté Ghuvan Pietru Guiliani en même temps que le Palais ou de celle d’un ancien moulin situé au même emplacement mais remontant à plusieurs siècles.

 

La raison qui nous conduit à formuler cette thèse est la forme et l’aspect des meurtrissures de la meule qui laissent penser qu’il a fallu des années de violentes secousses et entrechocs pour obtenir un tel état d’érosion sur un objet de nature aussi peu friable.

Le grand moulin du Pont de Piedicorte jouxtait le lit du fleuve, mais s’agissant d’une bâtisse de bonne construction, elle avait longtemps résisté à l’assaut de toutes les crues. Après la première guerre mondiale, n’ayant plus grand chose à moudre, le dernier des meuniers, Ziu Michele GALEAZZI et son épouse Zia MADALENA (1), s’étaient retirés à Piedicorte laissant derrière eux tant et tant de bons souvenirs. (2)

Il n’empêche que lors des années tristes de la seconde guerre mondiale, malgré le retour à la terre avec une abondante moisson de blé et un redoublement de la production de châtaignes à moudre, le vieux moulin n’était plus en état de reprendre du service.

Des pans de murs encore debout, la toiture écroulée et le reste difforme, il résista encore pendant plusieurs années dans cet état de délabrement pour en arriver à l’état actuel où il est très malaisé de le situer avec précision.

(1)              Ziu Michèle et zia Madalena étaient les grands-parents de Josette MAYALI.

(2)              Quelques lignes dans le roman de Noël EXIGA relatent des scènes de vie au moulin, lorsque Nunzia, la fille de la maison, encore très jeune, savait si bien cuisiner et recevoir les hôtes fréquemment retenus à table.

 

 

6 – DEVOIR DE MEMOIRE

Le bombardement de Piedicorte di Gaggio

 

Voici ci-après l’article paru dans Corse-Matin et dont une partie avait été involontairement omise.

 

22 septembre 1943 : Il va bientôt être 15h. Par cette très belle journée de septembre, c’est le drame !

Alors que certains habitants terminent leur sieste, que d’autres vaquent à leurs occupations ou prennent le frais dans les ruelles ou placettes du village, quelques enfants suivent les cours de Côme MARIOTTI ou jouent dans les rues du village, s’arrêtent un instant pour assister, comme d’autres personnes, à l’abattage d’un veau devant la boucherie puis, attirés par le passage d’une voiture, se précipitent vers le café ‘’MAGNAVACCA’’.

C’est alors, à cet instant précis, que des avions allemands surgissent au-dessus du Monte Gaggio et, en piqué, lâchent cinq bombes sur le village. Deux seulement atteignent leur objectif et tombent pratiquement au même endroit : là même où a lieu l’attroupement devant la boucherie et où se trouvaient quelques secondes auparavant la troupe d’enfants et à quelques mètres de la maison où les autres suivaient des cours.

Après le fracas des bombes, c’est une vision d’horreur. Horreur aggravée par le mitraillage du village au moment du bombardement et un moment après, au retour des avions.

Dans un nuage de poussière, on constate que la ‘’Casa Pilera’’ est la plus touchée. Toutes celles qui se trouvent dans son périmètre sont très abîmées et devront être démolies peu de temps après par mesure de sécurité. C’est dans ce périmètre que se trouvent les victimes.

Pierre-Jean SIMONI raconte : ‘’lorsque je suis arrivé sur les lieux, immédiatement après le mitraillage, j’ai rencontré Madame Lili PIETRI qui pleurait la mort de son mari Marius PIETRI. Ce qui m’a frappé le plus est la vue de Victor ANTONETTI prononçant ses derniers mots, alors que Joseph LUCCIONI le secourait et lui donnait à boire : ‘’Où est mon père ?’’ disait-il ‘’

Son père venait d’échapper par miracle à la mort. Valentin ANTONETTI son fils (et frère de Victor) se souvient : ‘’étant à la maison voisine des maisons touchées, je me suis précipité à la fenêtre et, dans un nuage de poussière, j’ai aperçu dans la rue la silhouette d’un homme qui se déplaçait à quatre pattes, couvert de terre. C’était mon père. Il se trouvait dans la cave du groupe de maisons sur lequel les bombes étaient tombées et avait échappé miraculeusement à la mort’’.

Pierre-Jean SIMONI poursuit : ‘’Chez moi, je trouve mon père qui donnait les derniers soins à ma tante Rose SIMONI, laquelle a expiré dans mes bras peu après en prononçant ces derniers mots ‘’ghie statu u tonnu’’(c’est le tonnerre).

Sur les décombres, se trouvait une mère en pleurs : Marie MASSIANI, qui recherchait ses deux fillettes ensevelies sous un enchevêtrement de poutres et de pierres. Anna MASSIANI a pu être sauvée grâce aux habitants et à l’antenne de secours constituée d’un médecin italien et de gendarmes. Malheureusement, sa sœur Thérèse MASSIANI âgée de 7 ans, n’a pu être retrouvée, sans vie, que le lendemain.’’

Ce bombardement a marqué à vie les habitants du village qui a payé un lourd tribut à la guerre : 9 morts et une dizaine de blessés dont certains grièvement atteints ; 5 maisons détruites, et beaucoup d’autres ébranlées et endommagées.

La plaque commémorative apposée sur la maison reconstruite porte le nom de toutes les victimes.

 

 

Parmi celles-ci : Marius PIETRI et Victor ANTONETTI étaient des résistants qui, comme d’autres villageois, appartenaient au maquis. Ils assuraient, entre autres missions, la surveillance du pont du Corsiglièse.

Jean Noël CORAZZINI qui était en train d’abattre le veau sur la Piazetta a été gravement atteint et décéda quelques années après.

Marguerite MARIOTTI fut tuée sur le coup.

Estelle Marie OTTAVI touchée lors du mitraillage et Jeanne ROSSI ayant eu un bras arraché ne survécurent pas à leurs blessures.

Valérie LUCCIONI se retrouva ensevelie sous les décombres de la maison. Elle ne survécut que quelques semaines.

Il est regrettable que très peu d’ouvrages sur la Corse et la Résistance n’évoquent ces moments tragiques ; Piedicorte étant l’un des rares village de Corse à avoir été bombardé et surtout mitraillé.

Mais cet acte de pure barbarie contre la population civile est toujours bien présent dans la mémoire des Piedicortais, surtout de ceux qui l’ont vécu et qui veulent le faire connaître ou le rappeler aux plus jeunes afin que ceux qui ont péri ou en ont souffert ne soient jamais oubliés.

 

 

7 - DETTI  E  FATTI DI I TEMPI ANDADI

(les dires et les faits du temps passé)

 

« Deux hommes d’honneur, Alessandri et  Benedetti se battent en duel. »

 

Cela fait 107 ans, ce duel s’est traduit par la mort du Docteur Pierre Antoine Allessandri, ancien chirurgien de la marine qui est tombé sous les balles de son compétiteur, M. Jean Charles Bénédetti de Piedicorte, qui comme lui avait brigué le mandat de Conseiller Général du Canton de Piedicorte di Gaggio, lors du scrutin du 28 juillet 1895.

Selon Jean Charles Benedetti, des fraudes auraient eu lieu à Pietraserena et à Giuncaggio. Une brouille inextricable s’est alors instaurée, et toute la presse insulaire s’est enflammée au point que les deux  antagonistes s’invectivèrent sans ménagement…

Ainsi ils en vinrent chacun de leur côté à tout mettre en branle pour sauver l’honneur. C’est dire combien à cette époque, le monde était chatouilleux sur l’honneur. Et les mots qui déclenchèrent une vindicte de la part du chirurgien Alessandri ne sont autres que : « …il ne voudra souiller ni ses galons, ni son ruban.. » entendons par là qu’il voulait parler de la légion d’honneur. Et tandis que les journaux (1) poursuivaient leur travail de sape, Jean Charles Benedetti se livra à une déclaration dans laquelle il indiquait « le lendemain 27 août, j’appris par l’intermédiaire de mes témoins, qu’une rencontre ayant été rendue inévitable, elle aurait lieu dans la matinée du 28 août à l’heure convenue… ».

A l’instant précis où les deux duellistes s’étaient mis face à face, plage du Ricanto à Ajaccio, en présence de leurs témoins respectifs à l’aube, nous relevons un suprême geste d’élégance de la part de Jean Charles Benedetti, tirant de la poche de sa redingote (2) un porte cigares en métal et le remettant à M. Santelli en lui disant : « Prenez docteur, je ne voudrais pas si un malheur m’arrivait, que l’on puisse s’imaginer que je m’étais cuirassé contre les balles de mon adversaire.

 (1) Le Journal de Bastia – le Pascal Paoli – La République

(2) Assurément, la redingote était de mise.. 

 

 

 

8 - EXPLOSION PRES DU VILLAGE

 

 

Le samedi 28 septembre à 15h30, quelques personnes ont pu entendre dans le village le bruit d’une explosion provenant des environs du couvent.

En fait il s’agissait de l’explosion d’un engin de guerre découvert le matin même à PIANA GRADA sur le terrain en cours de réhabilitation par Ange Paul CORAZZINI.. Lors d’un passage du tracteur pour la plantation d’orge, la griffe de la machine mis à nu un obus d’environ 40cm. Après l’avoir isolé à distance respectueuse, la gendarmerie a été avisée de cette trouvaille et a immédiatement contacté le service de déminage à Bastia.

 

Mortier américain de 80mm datant de 39/4

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Une équipe de démineurs de la Sécurité Civile a aussitôt été envoyée au village.

A leur arrivée vers 15h, notre charmante et dévouée Magali Gallais, de permanence à la gendarmerie ce jour là, les a guidés vers les lieux de la découverte et y a également conduit le Maire et ses adjoints. 

L’engin ayant été identifié (un obus de mortier américain de 80mm M2 datant de la seconde guerre mondiale), ils ont décidé de le neutraliser sur place en le faisant exploser, le transport d’un tel engin étant formellement interdit.

Après avoir éloigné à environ 800m les quelques personnes présentes, l’obus a été légèrement enterré derrière un petit monticule. Puis une petite charge placée à coté et commandée à distance a provoqué son explosion.

Un petit cratère s’est formé à l’emplacement du tir. Il ne restait strictement rien de l’engin à l’exception de quelques morceaux d’acier de moins d’1 cm².

Le mystère demeure sur l’origine de cet explosif qui est toujours tiré du sol: un tir avorté de la seconde guerre, ou bien oublié lors de manœuvres de la légion ou plus vraisemblablement échappé d’une caisse de munitions lors d’un parachutage d’armes pour la résistance. Toute explication sur l’origine de cet engin serait la bienvenue.

Toutefois on peut penser qu’il peut fort bien y en avoir d’autres à proximité et imaginer les conséquences tragiques qu’aurait pu causer cet engin s’il avait malencontreusement été écrasé ou brûlé.

 

 

 

9 – UNE MYSTERIEUSE AFFAIRE

 

 

Cette affaire défraya la chronique au début du 20ème siècle, au point que les ‘’médias’’ de l’époque ne manquèrent pas d’en faire état en publiant la photo ci-dessous avec précisons-le en gros titre ‘’la voyante de Piedicorte di Gaggio’’.

 

 

La voyante de Piedicorte (photo Moretti)

 

 

N’ayant eu la possibilité de retrouver aucune trace écrite, hormis la photo qui aujourd’hui est vendue sur la plupart des foires et marchés insulaires, ni aucun témoin direct ayant connu notre personnage, nous allons nous borner à relater ce que nous avons obtenu comme éléments concernant sa vie, de la bouche de quelques personnes âgées ayant entendu des bribes de phrases approchant sûrement la réalité.

«Il s’agissait d’une belle jeune fille sage et rangée élevée par ses parents au milieu de nombreux frères. Leur maison se situait au Pancone entre celle de Monsieur Antoine Cervoni et de Monsieur Christian Barbusse. Son père né à Zuani en 1838, s ‘appelait Martinu Poletti. C’était un grand travailleur. Il faisait un jardin immense, le plus beau du village au lieu-dit U Rinicciu (plus loin que Castagnetu Sutanu).

Il semblerait que le qualificatif de voyante lui ait été attribué à tort. Car elle ne disait pas l’avenir, ne tirait pas les cartes et ne lisait encore moins dans une boule de cristal. Par contre, elle aurait reçu des flashs consistant en apparitions de la Sainte Vierge Marie, ce qui provoquait de nombreux déplacements de foules. De toute part, les gens se rendaient à Piedicorte, attirés par un mélange de croyances qui malgré tout laissait une large place au doute.

Il semblerait que le fait de voir tous ces gens vociférant ou priant autour de sa demeure provoqua un agacement permanent qui devint pratiquement insoutenable.

Aurait-elle voulu imiter Sainte Bernadette ou autre ? On ne peut l’affirmer. Personne n’est en mesure de dire combien de temps Catherine a supporté cette étrange situation à Piedicorte. Un fait est certain : c’est le doyen Gianoni en charge de notre communauté religieuse à l’époque, qui l’aurait guidée en un premier temps jusqu’à l’évêché à Ajaccio. D’où selon sa volonté elle a été admise à pratiquer son noviciat dans le couvent des Clarisses de Bastia. Elle y vécut jusqu’à sa mort à un âge très avancé. Donc cette brave religieuse vécut dignement une vie pleine de labeur et de prière en restant fidèle à la foi profonde qui s’était emparée d’elle.

 

 

10 – ILS SE SONT UNIS

 

 

C’est avec grand plaisir que nous avons appris le mariage de Tony SUSINI, petit-fils d’Angèle PASQUALI, le 5 octobre 2002 à BIOT(Alpes Maritimes) avec Brigitte BERTAÏNA. Toutes nos félicitations à leurs familles et nos vœux de bonheur aux jeunes époux.

 

 

11 – SIVOM

 

 

Le 5 octobre les délégués de chaque municipalité se sont réunis à la Mairie d’Altiani sous la présidence de François Corazzini. Les points suivants ont été évoqués :

- L’enlèvement des carcasses est pratiquement achevé. Quelques épaves subsistent cependant mais elles seront également retirées.

Le Département subventionnera à hauteur de 60%. Une demande sera également établie auprès de l’office de l’Environnement.

- Le Sous-préfet a rappelé au SIVOM ainsi qu’à chaque municipalité que la redevance concernant l’enlèvement des ordures ménagères doit désormais être perçue directement par le SIVOM et non plus les communes. Ceci afin d’appliquer un tarif identique pour l’ensemble des usagers des différentes communes desservies par le même SIVOM.

Ainsi une délibération doit être prise pour déléguer cette compétence au SIVOM.

Le principe de la fiscalisation (taxe perçue directement par le Trésor Public avec l’impôt foncier) n’a pas été retenu.

Actuellement il existe des divergences importantes entre les communes. Chaque commune fournira donc la liste exhaustive de l’ensemble des usagers. Le montant total du coût total (enlèvement, transport, taxes, frais divers…) sera réparti entre les différents usagers. Le montant sera fixé lors du vote du budget début 2003. Pour permettre un recouvrement en temps utile les avis seront envoyés beaucoup plus tôt.

En ce qui concerne PIEDICORTE, il faut envisager une augmentation par rapport à la taxe perçue actuellement.

- L’ensemble des délégués évoquent ensuite les problèmes de signalisation routière en particulier au Pont d’Altiani et au Pont du Corsiglièse et envisagent une réclamation commune.

-               Enfin, le problème d’une secrétaire commune est évoqué. Toutefois il est d’abord impératif d’être équipé informatiquement. Par ailleurs certaines communes disposent déjà d’une secrétaire et ne souhaitent pas en changer.

 

 

12 – QUALITE DE L’EAU

 

 

Les derniers prélèvements, soumis aux analyses de la DDASS, ont révélé une qualité tout à fait correcte : ’Résultats conformes à la législation sur les paramètres mesurés. Eau potable bactériologiquement.’’

 

Les résultats complets des analyses sont affichés en Mairie et à la disposition de chacun.

Lorsque l’on sait les problèmes qualitatifs que connaissent de nombreuses communes en milieu rural, puisque près de 80% de l’eau distribuée n’est pas potable, il faut apprécier la qualité de l’eau de Piedicorte et à plus forte raison éviter de gaspiller un bien aussi précieux.

 

 

13 - LA RENTREE SCOLAIRE

 

 

Cette année, augmentation de l’effectif scolaire qui est passé de 12 à 15 élèves!

Bienvenue aux trois enfants de la Gendarmerie et à notre plus jeune recrue, Catia, rentrée en première année de maternelle.

Bienvenue également à Claudia, en poste pour seconder la maîtresse et s’occuper plus particulièrement des petits.

Bonne année scolaire à tous!

 

Le jour de la rentrée devant l’école

 

 

14 – MOUVEMENTS à la GENDARMERIE

 

 

Il faut tout d’abord évoquer le départ d’Olivier DURAND pour la gendarmerie de DOURGNE dans le Tarn et située à quelques kilomètres seulement de son village.

A cette occasion la mairie a offert un vin d’honneur le 5 juillet, auquel ont participé, outre les autorités de la gendarmerie et les maires de l’ensemble du secteur, une grande partie de la population des villages avoisinants. Il faut dire que par sa gentillesse et sa disponibilité, Olivier avait su se faire apprécier par la plupart des habitants de la région.

Nous lui souhaitons encore une fois une pleine réussite dans son nouveau poste et espérons le revoir souvent en Corse comme il nous l’a promis.

Depuis le mois de juin trois nouveaux gendarmes ont été nommés à la gendarmerie de Piedicorte :

Messieurs FERRARA, HILD et TIRADO. Nous leur souhaitons ainsi qu’a toute leur famille, une bonne installation et un agréable séjour parmi nous.

 

 

 

15 – LES CONCERTS DE L’ÉTÉ

 

 

Deux concerts ont eu lieu durant l’été.

Le premier qui s’est déroulé le 22 juillet est passé quasiment inaperçu puisque seulement une douzaine de personnes y ont assisté, dont très peu de Piedicortais. Il s’agissait pourtant d’un concert polyphonique de grande qualité, animé par 6 jeunes chanteurs corses et formant le groupe ‘’l’Attrachju’’ Outre quelques chants traditionnels et profanes parfois plein d’humour (la puce…) il ont interprété quelques chants religieux en terminant par le Dio Vi Salve Regina.

L’autre concert de très haute qualité et prévu celui là de longue date a eu lieu le dimanche 18 août. Pauline SALEMBIEN, nouvelle Présidente de l’association ROC (Renaissance de l’Orgue Corse) a en effet réussi à faire venir dans notre modeste commune à l’occasion du centenaire de notre orgue, un ensemble vocal de renommée internationale : le Concert de l’Hostel Dieu accompagné d’instruments anciens tels la clavecin la viole et le théorbe qui nous a interprété des œuvres de musique baroque italienne des 17ème et 18ème siècles (Scarlatti, Vivaldi et Caldara). Viviane Loriot éminente organiste déjà venue à Piedicorte en 2001 tenait les claviers de notre orgue.

Hélas, malgré la grande assemblée d’amateurs de ce genre de musique nous devons constater que très peu de Piedicortais étaient présents.

Félicitations aux interprètes et aux organisateurs pour ce brillant concert.

La soirée s’est achevée par un apéritif offert par la municipalité.

 

16 - UN CORSE A SHERBROOKE

 

 

Au cours de ses vacances au Québec où il s’est fortement intéressé à tout ce qui concerne les curiosités touchant des sujets divers et variés, Monsieur Pierre-Jean Simoni n’a pas manqué de s’adresser à un auditoire attentif, nous parlant avec chaleur de sa Corse natale.  Il n’a pas manqué non plus, de souligner combien l’accueil des québécois laissera en lui un souvenir impérissable, tant les attentions envers sa personne et à la Corse ont été touchantes.

 

Pierre-Jean Simoni à l’hôtel de ville de Sherbrooke, Québec, devant son auditoire.