SUPPRESSION DE LA GENDARMERIE

 

OU

 

REVITALISATION DU MONDE RURAL ?

 

 

 

La suppression de la brigade de gendarmerie de Piedicorte Di Gaggio semble une nouvelle fois à l’ordre du jour. Cette nouvelle qui courait déjà depuis un certain temps revêt aujourd’hui un caractère officiel. Elle est réellement attristante et entraîne un mécontentement général au village mais aussi dans les communes avoisinantes ; c’est un coup désastreux qui se prépare pour une grande partie du canton. Cela équivaudra à un arrêt de mort inévitable lorsque toutes les dispositions sans appel de cette sinistre machination auront été mises en place. A moins de prendre en compte notre supplique.

 

Lors de la réunion du 20 décembre dernier, les maires du canton ne se sont pas privés de servir un argumentaire de poids mais qui n’a pas semblé apporter l’espoir escompté. Nous désirons donc une nouvelle fois attirer l’attention  de l’ensemble des responsables concernés par cette décision afin qu’ils ne perdent pas de vue la gravité de leurs mesures pour la région:

 

En dégarnissant notre région des forces sécuritaires, ils laissent la porte ouverte à tous les abus et c’est ainsi que se forment des zones de non-droit ou s’accroissent insécurité et violence. Cette décision serait tout à fait en contradiction avec les règles fondamentales de la protection des personnes et des biens qu’assure actuellement la gendarmerie sur l’ensemble du territoire, toutes notions de rentabilité mises à part.

 

En ce qui concerne plus particulièrement le village de Piedicorte, on imagine fort bien qu’avec la disparition de la gendarmerie, ce sera demain l’école puis la poste et tout le reste qui s’en ira. La désertification qui s’amplifie lourdement d’année en année en raison du manque de travail va s’accroître encore plus vite si les quelques jeunes couples qui se sont installés n’ont plus d’école pour leurs enfants. Les personnes âgées de plus en plus isolées partiront à leur tour car en cas de problème les délais d’intervention des brigades les plus proches seraient d’au moins 45 minutes.

 

Qu’en est-il donc des grands principes de revitalisation et de développement du monde rural. Car ce qui touche aujourd’hui Piedicorte touche aussi les 7 villages qui composent une partie du Canton de Bustanico. Et pour les mêmes raisons purement économiques on n’hésitera pas demain à sacrifier d’autres régions. Car c’est uniquement dans un but purement économique, pour récupérer seulement 4 emplois qui seront ventilés sur d’autres brigades, que l’on prend cette décision. Les retombées économiques et sociales pour cette micro région n’ont pas du tout été abordées.

 

Que deviendra le bâtiment de la gendarmerie construit dans les années 80 et qui comprend 6 logements? De même la commune s’est lourdement endettée avec deux emprunts pour construire une école et un bureau de poste. Où est donc l’économie ?

 

Veut-on vraiment sauver le monde rural ou bien l’achever?

 

(Cet article adressé à Corse-Matin le 30/12/2002 n’a pas été publié, mais remplacé par un reportage réalisé au village le lundi 30 décembre 2002 et publié le vendredi 3 janvier 2003)

 

article de Corse Matin