Edition semestrielle                                                           juin  2004   N° 8


CONCA D’ARGENTU

Bulletin municipal d'informations de Piedicorte Di Gaggio 

1 – EDITORIAL :

En préparation depuis janvier, voici enfin avec beaucoup de retard le nouveau numéro de Conca d’Argentu. Il traite de sujets déjà anciens puisque aucun numéro n’a été publié depuis juillet 2003.  Si vous disposez d’un accès à internet vous avez pu néanmoins découvrir au jour le jour, toutes les informations importantes concernant le village et reprises en partie dans ce bulletin.

Ce numéro reprend également différents articles déjà paru dans la presse et dont certains  n’ont pas eu connaissance.

 

SOMMAIRE

1.       EDITORIAL

2.       UNE FIGURE DU VILLAGE

3.       CONCERT ESTIVAL

4.        L’ECOLE

5.       CASA PATERNA

6.       CONSEIL MUNICIPAL

7.       BIENVENUE

8.       ILS SE SONT UNIS

9.       ILS NOUS ONT QUITTE

10.    U COMTU DI SALOMONE

11.    PROBLEMES D’EAU

12.    SIVOM

13.    HOMMAGE AU Cl. ROUBY

14.    LA BELETTE

15.    GENDARMERIE

16.    RENOUVEAU

17.    PIEDICORTE  S’EST SOUVENU

Retrouvez nos bulletins et d’autres informations sur le site internet :

http://www.piedicorte.fr.st    ou     http://site.voila.fr/piedicorte

Faites nous connaître vos observations et souhaits éventuels. Communiquez toutes informations, documents ou photos qui semblent intéressant d'être publiés dans ce bulletin ou sur le site Vous contribuerez ainsi à leur pérennité.

gerald.lamonzie@wanadoo.fr              mairie.piedicorte@wanadoo.fr

       04 95 48 81 12  -  06 87 19 61 60                 mairie : 04 95 48 81 22   fax : 04 95 48 85 33

Directeur de publication François Corazzini. Comité de rédaction: Gérald Lamonzie, Pierre Jean Simoni, Genevieve Dumas


 

2 – UNE FIGURE DU VILLAGE

 

Il y a cent ans, le 19 mars 1904, naissait à Piedicorte Joseph MAGNAVACCA. Voici déjà 10 ans qu’il nous a quitté, le 4 septembre 1993.

Cet homme particulièrement sympathique et attachant n’a laissé au village, dans la Corse toute entière et même au delà que de très bons souvenirs. Il a fortement marqué son époque par sa très forte personnalité hors du commun.

Joseph avait un sens particulièrement élevé de l’amitié à laquelle il associait une générosité sans limite et une grande convivialité. Toute personne connaissant Piedicorte connaissait Joseph.

Il suffit d’ailleurs de se souvenir de la foule qui assista à ses obsèques : plusieurs centaines de véhicules ne pouvant stationner à Piedicorte, durent s’arrêter sur les bas cotés sur près de trois kilomètres de Pietraserena à Altiani

C’est dire s’il avait été estimé et apprécié par tous ceux auxquels il avait rendu de nombreux services.

Dès 1925, il s’est distingué lors de la guerre du Riff à la tête d’une section de chars et fut ainsi cité à l’ordre du régiment. Voici ci-après le document rédigé par son colonel :

 

Le Sergent Magnavacca

Le Sergent Magnavacca est un Corse Corsiquant. Son char a reçu le nom de ‘’CORSICO LA TERREUR’’ qu’il étale en lettres blanches sur le flanc gris de la tourelle. Magnavacca parle un langage très spécial, bien à lui, émaillé de Corsicismes que l’on comprend très bien, heurté et dur, comme tout lui-même. Quand, blotti dans les touffes de ‘’doumes’’, on va reconnaître le terrain du prochain combat, quand on expose les grandes lignes de l’opération, le dispositif général, la mise en place des unités, il reste muet, personne ne sait jamais s’il a compris. Mais quand on en vient à parler de la section, on le sent aussitôt cabré face à l’obstacle, en proie à une agitation, son être est tendu, son œil est fixe ou fasciné, quelque point de son épiderme doit être froid. Il scrute le terrain, scrute les ravins, dépeint en détail le village qu’il devra nettoyer le lendemain. Qu’on ne lui demande pas s’il a compris, il ne vous répondra pas. Mais on le surprend, en revenant au bivouac à siffloter quelque refrain du pays natal.

 ‘’Corsico la Terreur’’ a justifié son surnom le 2 août 1925 au combat d’ASJEN, il assiégeait une grotte et infligeait aux Riffains des pertes sévères. Le 11 septembre, sur l’OUERGHA il mettait en fuite un parti de rebelles établis dans des abris et des tranchés profondes, là où jadis notre infanterie avait dû faire de lourds sacrifices.

 

Mais le 8 du même mois à l’affaire de Aou-Ganou ce fut le plus simple et le plus dur. On partait à l’attaque, le jour naissait à peine. Un officier, chef de Section ayant été blessé, le Capitaine appela le sergent Magnavacca, chef de char dans une section voisine : prenez le commandement de la Section Guéret, objectif le village de Hamoard, sur la crête, montez la pente, méfiez-vous de l’oued à gauche, des puits sur l’axe de marche, nettoyez dépassé le village, il y a un ravin profond et solidement tenu. Vous avez compris ? Magnavacca ne répondit pas, il était déjà en tête de sa section.

On vit au fur et à mesure que la campagne marocaine s’éclaircissait, les chars s’étaler sur la ligne et sur les pentes. De l’oued, des obus de canons légers délogèrent les rebelles en djellaba blanches, que dans leur fuite, les mitrailleuses reprirent sous leurs rafales serrées. Le village fut abordé, traversé ; les canons et les mitrailleuses donnèrent encore, puis les chars disparurent et l’on n’entendit plus que leurs voix grondant éperdument.

Etablie à la gorge du ravin, la section Magnavacca tenait sous son feu, face aux entrées, les grottes et les abris où grouillaient les dissidents.

Dès qu’ils tentaient de sortir, un obus, une rafale les faisait rentrer sous terre. En arrière, tout autour, les tirailleurs joyeux avançaient, progressant sans danger.

Magnavacca régnait, noir de graisse et de sueur, un énorme stick  à la main, sorti d’on ne sait d’où.

Ce jour, les tirailleurs demandèrent à le citer à l’ordre de leur régiment.      Colonel CLAYEUX.

Commandant le 62ème Bataillon de Chars.

 

Mais Joseph fut également un grand patriote lors de l’occupation où il participa activement à la résistance dans toute la région avec d’autres responsables Cortenais.

A ce titre il reçu du Général de Division Mollard, Gouverneur militaire de la Corse, le 23 février 1944, un témoignage de satisfaction à l’ordre de la Division avec la citation suivante :

‘’Patriote ardent qui n’ayant jamais accepté la défaite, a refusé de plier sous le joug du vainqueur. A mis toutes ses énergies et tout son cœur à préparer les combats qui chassèrent l’ennemi du territoire. A effectivement participé à ces combats et a été un élément actif de la libération de la Corse. ‘’

 

Joseph Magnavacca et son épouse Ursule Catani

 

Après la guerre, il participa à la vie politique du village puisqu’il fut quelque temps premier adjoint. Il poursuivi son activité comme entrepreneur et transporteur mais surtout avec son petit commerce (bar restaurant et épicerie) où chacun était beaucoup plus un ami qu’un client. Ainsi que le disait l’un de ses amis lors de son éloge funèbre : « Joseph à sa manière était l’inventeur des restos du cœur »

Il importe de se souvenir tout particulièrement de cet homme exceptionnel et si attachant et de son épouse Ursule discrète, toujours très dévouée et de la place immense qu’ils tenaient tous les deux au village.

 

 

3 – CONCERT ESTIVAL

 

Comme chaque été, le mercredi 20 août 2003, un concert a eu lieu  dans l’église de Piedicorte. Ce concert était comme l’année précédente essentiellement axé sur la musique baroque italienne Les chants ont été magnifiquement interprétés par le Concert de l’Hôtel Dieu qui vient maintenant régulièrement au village.

L’orgue dont les claviers sont brillamment tenus par Viviane Loriot ne semble plus n’avoir dans ces concerts qu’un rôle un peu secondaire. Toutefois la présidente a su par ces quelques lignes lui redonner toute sa splendeur :

Chaque fois qu'elles chantent, elles nous confisquent l'âme, nous enveloppent dans leurs douceurs ou leurs violences. Leurs trompettes nous saisissent, leurs clochettes nous égaient. Pas seulement une invite à un Sursum Corda, elles sont, muettes ou sonores, des liens avec les communautés d’hier, témoignages d'une histoire collective.

Si, hier les orgues marquaient les temps douloureux et heureux d'une société urbaine et rurale, aujourd'hui elles sont encore une rencontre, elles réunissent ceux qui partagent leur histoirc et ceux qui la découvrent.

...Le temps d'un concert

...Le temps d’un exercice qu'un jeune élève privilégié, parce qu'il a un professeur, exécute

...Le temps d'un souhait : que se multiplient orgues restaurées, professeurs et élèves nous voudrions aussi que le virtuose ou l'amateur passionné qui nous font le plaisir d'exalter la musicalité de nos orgues se souviennent de leur singularité sobre ou exubérante, restent un peu les soutiens, les alliés durables de notre effort pour sauvegarder 1a vie de nos instruments.

je suis toujours fascinée par le corps à corps auquel se livrent musicien et instrument: une sorte d'abbraccio, de combat avec l'ange. Présente à mon esprit l'etymologie du terme: Org: travail et l'instrument sur lequel il s'exprime, en grec, organon.

Je me dis alors que ces orgues ne pouvaient que séduire les communautés de notre île qui ont dû bien se trouver quelques affinités avec elles tant elles sont expressions d'un monde qui marie la beauté à l'effort.

 Pour l’émotion.                   Bastia, le 3juin 2003

Pauline Sallembien

Cette année, le concert  aurar lieu le dimanche 22 août 2004 à 18h. Pensez dès maintenant à réserver cette journée pour y assister.

 

4 – L’ECOLE

 

La rentrée pour les petits ne s’est effectuée qu’au second trimestre en raison du retard dans l’exécution des travaux d’aménagement et de sécurisation.

L’arbre de Noël a donné lieu à un après midi récréatif où Laurent a fait un père Noël très apprécié par chacun des enfants.

Un goûter comprenant de nombreuses friandises a suivi la remise des jouets.

 

Noël 2003 à l’école

 

5 – CASA PATERNA

 

Fatta dipoi cent’anni,

E di petra senza scialbu

La sima e l’altri lignami

So di castagnu bastardu

 

Cuncepita da l’antichi,

Anch’elli omi di talentu,

E ben che micca struiti,

Rispundia a lu so’ tempu.

 

A cantina fatta a volta

Tene l’eria timperata.

Lu tilare di la porta,

Ellu, e di petra zuccata.

 

Quellu chi ci entrava prima

A vidia piena di tuttu.

Truvava da fonda a cima

Vinu, furmagliu e prisuttu.

 

In sala, nera di fume,

Si stava tutti in famiglia,

Ancu puru senza lume,

A sera, intornu a la ziglia.

 

E quandu venia Polu

A cunta belle sciarate !..

Certe volte ridu solu

Pensendu a quelle vighiate.

P.J. Simoni

 

 

6 –  CONSEIL MUNICIPAL

 

Le Conseil Municipal s’est réuni le 31 mars 2004 pour approuver le compte administratif 2003 et voter le budget 2004.

Le CA 2003 présente des dépenses d’un montant de 171 k€ dont 104 k€ en fonctionnement et 67 k€ en investissement.

Les recettes sont de 214 k€ soit un solde excédentaire de 43 k€ reversé au budget 2004.

Le budget 2004 prévoit des dépenses d’un montant de 238K€ dont 167K€ en fonctionnement et 71K€ en investissement. Ces dépenses s’équilibrent par des prévisions de recettes évaluées à 195K€ et un report d’excédent de 43k€.

Il faut noter que pour 2004, les impôts locaux seront tous baissés de 1% en ce qui concerne la part communale. Le taux de la taxe d’habitation sera ramené à 12,92%.

Cet effort de la commune a pu être consenti grâce à un élargissement de l’assiette fiscale et donc la répartition de la taxe sur la totalité des redevables.

Les exonérations éventuelles peuvent être sollicitées auprès du service des impôts, la commune dans ce cas ne perd pas le montant de la taxe qui est alors directement reversée par l’Etat.

Programme des principaux travaux 2004 :

Mur de soutènement route du couvent

Consolidation place communale

Ravalement façades intérieures et extérieures du batiment de la station de pompage.

Rehausse mur devant Anna Mayali.

Dallage en pierres Corridoghio

Dallage en pierres derrière Magnavacca.

Dallage en pierres escalier Barbusse.

 

 

7 - BIENVENUE

Nous avons grand plaisir à annoncer de nombreuses naissances:

 

Marc Aurèle, fils d’Antoine et Emmanuelle Lanfranchi et arrière petit fils de de Monsieur et Madame Joseph Antoine Corazzini, est né le 1er septembre 2003.

 

Jade, petite fille de René DUMAS née le 16 septembre 2003 à Béziers.

 

Paula Cristina, fille de Manuel et Isabele Costa, née le 25 septembre à Bastia.

 

Lou, petite fille de Monsieur et Madame Claude Mary, née à Paris.

 

Rémi Paolini-Decout, fils de Pierrette Paolini, petit-fils de Françoise et de François Paolini, et sa compagne Nathalie ont eu une petite Camille née le 6 octobre 2003 à Valence (Drôme).

Camille à 4 mois

Belinda, fille de Monsieur et Madame Laurent Botello (gendarme au village) est née le 14 octobre 2003 à Bastia

 

Nous avons appris la naissance de Vénus, petite fille de Monsieur et madame Jean Claude Papion

 

Eymeline, seconde fille de Monsieur et Madame Bruno Tirado (gendarme au village), est née le 21 novembre 2003 à Bastia.

 

Francesca Dumenica fille de Delphine et Jean François Lorenzi est née le 25 novembre 2003 à Bastia.

 

Inaya, fille de Cyril Mabeka et Carole Nicolas, est née le 18 février 2003 à Marseille. Vous pouvez la voir sur son site internet : http://www.inaya.htm

 

Inaya

 

Pierre, fils de Anne Lise CARDI et de Antoine ARGENTI, est né le 13 juin à Bastia.

NICOLAS, fils de Nicole et Martial DODE, est né le 18 juin à Bastia.

 

8 - ILS SE SONT UNIS

 

C’est avec grand plaisir que nous avons appris les mariages suivants :

Délia FOATA et Eric ANTONETTI (fils de Victor et Francine) ainsi que le baptème de leur fils Valentin. le .Samedi 2 août 2003 à Serra di Ferro.

Xavier et Tania BERNARDI (fils d’Albert et Catherine née Corazzini). le Samedi 26 juillet 2003  à Alando

Christian PONCET (résidant au Pont de Piedicorte) et Valentina GAREEVA le samedi 12 juin 2004 à Piedicorte.

Toutes nos félicitations et meilleurs vœux de bonheur aux jeunes époux.

 

9 - ILS NOUS ONT QUITTE

C’est avec tristesse que nous avons le regret d’annoncer plusieurs décès

 

Dimanche 7 septembre 2003, décès à Marseille à l’âge de 81 ans, de Madame Armande OTTAVIANI, maman de Josette NASICA.

 

Dimanche 28 septembre 2003, Décès à l’hôpital de Caen de Madame Marie LAMONZIE née Morin à l’âge de 84 ans.

 

Mercredi 17 décembre 2003, décès à l’Hopital d’Ajaccio de Madame ACQUAVIVA née CASANOVA Marie Claire à l’âge de 92 ans.

 

Jeudi 4 mars 2004,décès à l’hôpital de Corte de Monsieur Charles VITTORI à l’âge de 79ans

 

Vendredi 16 avril 2004, décès à Bastia de Madame Marie Thérèse NICOLAI née LUCIANI, à l’âge de 74 ans. C’était une sœur de Simon Luciani.

 

Lundi 17 mai 2004, décès à Piedicorte de Madame Julie CORAZZINI née SIMONI à l’âge de 76 ans.

 

Vendredi 21 mai 2004 décès à Paris, de Monsieur Timothée CORAZZINI (De Rose) à l’âge de 79 ans.

 

Dimanche 13 Juin à PortoVecchio, après plusieurs mois de lutte acharnée contre un terrible mal, Monsieur Robert VITTORI (fils de Jean et Josette Vittori), nous a quitté à l’âge de 39 ans. Il laisse hélas 3 jeunes enfants. Ses obsèques ont eu lieu le 14 juin en présence d’une foule immense d’amis et de collègues.

 

Dimanche 4 juillet décès à l’hôpital de Bastia à l’âge de 76 ans de Madame Rose BALDOVINI née CASCIANI, c’était la sœur de Bastienne.

 

Tout notre soutien à ces familles dans la peine.

 

10 – U COMTU DI SALOMONE

ou l’étude du cycle lunaire

Les anciens agriculteurs bien que le plus souvent dépourvus de calendrier, attachaient une importance toute particulière aux mouvements de la lune pour les plantations, les récoltes ou les coupes. Ils se basaient donc sur cette alchimie décrite ci-après ‘’u comtu di salomone’’et  transmise le plus souvent de génération en génération.

S’agissant d’un calcul élaboré mentalement, il n’était pas rare de voir des bergers illettrés se tirer d’affaire et de surcroît étonner des scientifiques qui eux ignoraient de par leur formation ces données relativement simples.

En fait il suffit de connaître l’épacte (a patta), c’est à dire l’âge de la lune au 1er janvier de l’année en cours. Ce nombre (de 0 à 28) figure régulièrement sur l’almanach des PTT.

Il convient de prendre un exemple concret pour comprendre la méthode :

Si nous voulons savoir comment sera la lune le 14 octobre 2004, il faudra additionner 3 éléments, l’épacte qui pour 2004 est 8, le jour du mois (A calenda) soit 14 et enfin le rang du mois qui est 8 (on utilise le rang de l’année romaine qui commençait en mars) on obtient ainsi 30 soit le cycle complet de la lune (in vintinove un ferma e in trenta un va). Ce jour là ce sera donc la nouvelle lune.

Si l’on obtient un chiffre supérieur à 30, il faut retrancher 30 et l’on obtient alors directement l’âge de la lune à cette date. Si ce chiffre est inférieur à 15 nous sommes en lune montante et au delà de 15 en lune descendante.

L’autre méthode utilisée consiste à observer la forme du croissant et de lui ajouter une barre : quand il a la forme d’un C il s’agit du dernier quartier (d). quand il a la forme d’un c renversé il s’agit du premier quartier (p)

 

11 – LES PROBLEMES D’EAU

 

Comme la plupart de villages Piedicorte a eu durant l’été 2003 quelques difficultés pour faire face aux besoins en eau potable.

 

L’ENTRAIDE ENTRE VILLAGES

Article publié dans Corse Matin

A l'approche des beaux jours, la municipalité de Piedicorte di Gaggio, s'est inquiétée, comme chaque année, de son alimentation en eau pendant la période estivale, alors que la commune multiplie par quatre ou cinq le nombre de ses habitants. En 2003, la question s'est très vite posée dès le mois de mai avec l'apparition de températures exceptionnellement élevées, comme partout, pour la saison. La situation s'annonçait particulièrement délicate, et malgré une stabilisation du fonctionnement automatique des pompes de relevage, le débit n'en était pas augmenté pour autant.

Inopinément, une solution a surgi, là où, on l'attendait le moins. En effet, la commune voisine de PIETRASERENA, qui dispose de réserves d'eau largement suffisantes, ne captait plus l’une de ses sources, tombée, -en:désuétude, et proche-de Piedicorte. Connaissant son existence il a donc suffit que cette dernière suggère à sa voisine mieux lotie de bien vouloir lui laisser utiliser cet appoint, certes modeste, mais bienvenu, pour que l'angoisse des coupures d'eau en pleine journée s'éloigne quelque peu.

Toutefois, cette première mesure s'est avérée insuffisante au cours du mois d'août et la commune d'Altiani a également été sollicitée pour améliorer la situation. Tout n'a pas été parfait au cours de la saison, les efforts et la vigilance de la municipalité ont permis d'assurer l'essentiel durant tout le mois d'août. Elle reste très reconnaissante, et toute la. Commune avec elle, de la gracieuse entraide apportée par ses voisines. Qu'elles en soient ici remerciées.

Pour l’année 2004 il a été demandé aux entreprises de forage d’intervenir pour détecter d’éventuelles nappes phréatiques. Les délais d’interventions étant particulièrement longs en raison du nombre de demandes ils ne sont pas encore venus à Piedicorte. Toutefois il a été découvert de nouvelles sources à proximité de la station de pompage. D’anciennes conduites d’amenée ont été refaites et Pietraserena nous propose d’acquérir sa source. Toutes ses mesures peuvent paraître dérisoires, mais en matière d’eau potable aucune ressource ne doit être négligée.

Souhaitons que l’été 2004 soit moins chaud et que nos réserves soient suffisantes.

En ce qui concerne la qualité de l’eau, les dernières analyses effectuées par le laboratoire OEHC donnent des résultats tout à fait satisfaisants. Ils sont consultables à la mairie.

 

12 – SIVOM

 

Le Conseil d’administration du Sivom s’est réuni le 31 mars pour approuver le compte administratif 2003 et voter le budget 2004.

En ce qui concerne le compte administratif nous obtenons un solde global excédentaire de 15 K€ dont 6,8 en fonctionnement et 7 en investissement. Toutefois, cet excédent n’est en fait que de 0,9K€ puisque les crédits d’investissement sont pratiquement inutilisables et qu’un volume important d’impayés demeure au niveau du recouvrement des taxes OM. (environ 5,9 K€).

Pour 2004, la situation nécessite encore un large participation des communes (10 K€) ainsi qu’une augmentation de 4 € de la taxe qui sera ainsi portée à 70 €.

Le budget global s’établit ainsi à 77 K€ dont 70 en fonctionnement. Les redevances représentent 45 K€, tandis que les charges d’enlèvement et de .traitement sont estimées à 63 K€.

En ce qui concerne la création d’un poste de secrétariat commun géré par le Sivom, la délibération précédente a due être annulée.

 

13 – Hommage au Colonel ROUBY

 

Le dimanche 17 juillet 2003, les cendres du Colonel Pierre Rouby ont été ramenées à Piedicorte Di Gaggio et déposées dans le cimetière de la famille Franchi, auprès de la tombe de son épouse Luciana décédée l’an dernier, en présence de ses enfants et de quelques proches. Le Colonel Pierre Salvadori, qui fut le compagnon de Luciana dans les dernières années de sa vie, adressa un salut fraternel à Pierre Rouby et rappela ce que fut sa carrière toute entière vouée à la France et à notre armée.

Officier des Troupes de Marine, le colonel Rouby a fait deux séjours en Extrême Orient et a en a occupé divers en métropole, en Allemagne, au Maroc, en Algérie, à la Réunion et à Madagascar. Il s’est particulièrement distingué en 1945 au Laos. Jeune officier, il était en garnison à Pakse lorsque se produisit, le 9 mars, le coup de force japonais contre les unités françaises d’Indochine. Ayant pu éviter la capture, il décida de poursuivre le combat et pendant plusieurs mois, à la tête d’un petit élément, il mena contre les Japonais des actions de guérillas particulièrement audacieuses, malgré la supériorité écrasante de l’ennemi, les conditions de vie éprouvantes dans la jungle laotienne et les difficultés de ravitaillement en vivres  et en munitions. Harcèlements, coups de main, embuscades se succédèrent, causant des pertes sévères aux Japonais qui menèrent une traque sans merci contre ces résistants insaisissables.

 

 

Au cours d’une de ces embuscades, particulièrement meurtrière pour l’ennemi, le lieutenant Rouby abattit  lui-même un colonel, ce qui provoqua une véritable fureur dans le commandement japonais.

Ces actions lui valurent d’être cité à l’ordre de l’armée et d’être fait chevalier de la Légion d’Honneur à titre exceptionnel, et chevalier de l’ordre laotien du Million d’Eléphants.

Cet épisode illustre de façon éclatante ce que fut le Colonel Rouby tout au long de sa carrière : un officier d’un idéal élevé et d’un patriotisme ardent, un homme d’honneur et de devoir, un soldat et un chef d’un courage exemplaire.

Désormais il repose sur la Terre de Corse, cette terre dont tant de fils ont, comme lui, parcouru les chemins du monde et se sont battus sous tous les cieux, dans l’honneur et la fidélité, au service de notre patrie.

 

 

14 – LA BELETTE

Article publié par l’association U Levante

 

La belette était, depuis mars 2002, un animal protégé. La ministre de l'écologie et du développement durable ayant annulé l’arrêté de protection: la belette redevient une espèce susceptible d'être classée nuisible. U Levante va demander au Conseil de la Faune sauvage de Corse, habilité à prendre une décision, de ne pas classer nuisible ce petit animal discret et peu abondant, indispensable aux équilibres naturels de notre île. Il faut préférer laisser faire les prédateurs naturels que favoriser la lutte chimique contre les ravageurs des cultures.

La belette est le seul représentant de la famille des Mustélidés en Corse (il n’y a pas de fouine, de martre, d’hermine, de blaireau, de loutre, etc, dans notre île). C’est un petit carnassier présent dans toute l’île et occupant tous les biotopes, dunes littorales, maquis, châtaigneraies… jusqu’à 1700 m d’altitude en été.

La Belette de Corse est une population originale (Mustela nivalis corsicana) dont le manteau diffère de celui de la forme de France continentale mais qui ressemble à la population italienne. La couleur dorsale du manteau est constante, luisante et unie : châtaigne foncée. La couleur ventrale est plus variable allant du blanc au jaune orangé ou rosé (couleur saumon). La ligne de démarcation des flancs est rectiligne. L’extrémité de la queue est de couleur variable, le plus souvent plus foncée, voire noire. Les poils y sont plus longs. La longueur des poils du corps est également supérieure à celle mesurée sur les populations de Belettes européennes.

 

 

ANIMAL UTILE

 

 

Même si le dimorphisme sexuel est très accentué (les femelles sont beaucoup plus petites que les mâles), la belette en Corse, quel que soit son sexe, est une " géante ". La longueur tête + corps, exprimée en centimètres, varie entre 22 et 28,5 pour les mâles et 17 et 21 pour les femelles, celle de la queue varie entre 6,8 et 10 centimètres pour les mâles et 6 et 7 centimètres pour les femelles. Les pieds postérieurs sont particulièrement grands. Les mâles peuvent peser jusqu’à 295 grammes, les femelles atteindre 105 grammes. Si l’on s’en tient aux seuls critères de coloration, de longueurs du corps, de masse, la Belette de Corse ressemble davantage à une hermine de faible taille qu’à une belette. La Corse abrite donc une population endémique.

La Belette se nourrit de rongeurs (rats, souris, mulots, lérots, loirs) mais capture aussi des oiseaux (passereaux, etc). Souvent observée dans les arbres où elle grimpe avec facilité, elle y déniche les oiseaux ou les rats dont les nids sont souvent aériens. Après avoir bondi sur sa proie, elle lui broie la nuque entre ses mâchoires puissantes et la transporte paralysée vers son gîte. La belette régule donc les populations de rongeurs tandis que sa prédation d’oiseaux domestiques est anecdotique. Classer nuisible ce petit représentant de la famille des carnivores serait une aberration.

 

15 – Gendarmerie.

 

Au cours de cette année nous avons noté plusieurs mouvements de personnels à la gendarmerie :

Départs : Magali Gallais (juillet 2003), Fabrice Ferrara pour Murato en février2004, Nathalie Delebarre (chef) pour Vescovato en avril 2004.

Arrivées :Fréderic Leroy, Jean Christophe Muller. Par ailleurs un nouveau chef est attendu début juillet.

Tous nos vœux de bonne installation et de réussite dans leur carrière

 

16 – Renouveau

 

Il y a quelques mois nous avions constaté la désertification du village et la fermeture progressive de diverses maisons. Sans que le phénomène soit inversé, c’est avec plaisir que nous avons constaté l’édification de nouvelles constructions au village. En particulier celles de Monsieur Paul Massiani, Monsieur et Madame Jean François Bandini, Monsieur et Madame François Damiani. Notons avec plaisir que ces derniers, jeunes retraités, sont venus s’installer au village. Nous leur souhaitons une bonne installation et un agréable séjour.

 

 

17 – Piedicorte di Gaggio s’est souvenu

 

La municipalité avait voulu commémorer de façon tout a fait particulière le 60 éme anniversaire du bombardement de Piedicorte en invitant différentes personnalités à cette cérémonie.

(article publié dans Corse-Matin le  23 septembre 2003)

L’attaque de l’aviation allemande en 1943 coûta la vie à neuf personnes et quinze autres furent blessées. Hier, en présence de nombreuses personnalités, une cérémonie du souvenir a eu lieu au cœur du village.

Même si les livres d’histoire sur la Corse en parlent peu ou pas et en particulier ceux qui relatent les événements tragiques de la dernière guerre mondiale, Piedicorte di Gaggio a été l'un des rares villages de l'île à avoir été bombardé.

Il y a de cela 60 ans hier, jour pour jour. Un acte qui coûta la vie à neuf personnes et qui fit aussi 15 blessés.

Hier, à l'initiative de la commune, une cérémonie du souvenir s'est déroulée, en présence d'une nombreuse assistance, devant la plaque apposée au cœur du village rappelant les noms de ceux qui sont tombés lors de ce tragique événement : Victor Antonetti, Marguerite Mariotti, Thérèse Massiani, Marius Pietri, Rose Simoni, Valérie Luccioni, Jeanne Rossi, Estelle Ottavi, Jean-Noël Corazzini.

 

Les personnalités

Nous avons noté la présence de M. Francis Blondieau, sous-préfet de Corte, M. Paul Natali,   sénateur,  le  général  Franceschi,        M. François Corazzini, maire de Piedicorte, M. Antoine Perinetti, conseiller général du Bozio, M. Antoine Sindali, maire de Corte et conseiller territorial, de nombreux maires de la région du Bozio, du Venacais, le capitaine Stéphane Dutrieux, commandant la compagnie de gendarmerie de Corte et son adjoint le major Robert Caussel, l’adjudant-chef Alain Matreuil, commandant la communauté des brigades de Corte, Venaco et Piedicorte, M. André Arrouet, président national de l’UNSOR, le commandant Laurent Morandini, président du Souvenir Français de Corte, M.Roghi, directeur des anciens combattants, M. Antoine Sialelli, président des anciens combattants de Corte, des nombreux représentants du monde des anciens combattants de toute l’île, des délégations de l’UNSOR, de la sécurité civile. Toutes ces personnes ont assisté à la messe célébrée par l’abbé Casanova puis à la cérémonie et au dépôt de gerbes.

 

les enfants de l’école pendant la cérémonie.

 

Article et autres photos

Un rappel des faits

 

Lors de la cérémonie, M. François Corazzini, maire de la localité exprimait son émotion: « Mon émotion est grande ce jour, placé pour tous les habitants de Piedicorte sous le signe du souvenir et du recueillement, alors que nous commémorons un événement douloureux, de notre histoire du village. Il est regrettable que très peu d'ouvrages sur la Corse et la  résistance n'évoquent ces moments tragiques. Piedicorte étant l'un des rares et peut-être le seul village de Corse à avoir été, bombardé et mitraillé. On ne perdra pas de temps en cherchant à expliquer l'inexplicable. Notre devoir, et le seul hommage possible, c'est la mémoire. Cette cérémonie est là pour en attester et pour rendre hommage à nos parents et amis disparus. »

Le sous préfet de Corte a ensuite rappelé les faits: « 60 ans, c'est à la fois loin et proche. Ici à Piedicorte di Gaggio; cette date marque une journée noire, une journée, où le village a connu l’enfer. Certains d’entre vous, vous étiez enfants ou adolescents alors, s’en souviennent comme si c’était hier. Ils ont été marqués à tout jamais dans leur chair et dans leur cœur (…). Le 22 septembre 1943, les témoins se rappellent d’une belle journée, comme en connaît la Corse en cette fin de saison. En début d’après-midi vers 15 heures, les habitants de Piedicorte entendent le grondement lointain de moteurs d’avion. Ils ne les voient pas. Chacun vaque à ses occupations comme tous les jours. Ces avions sont peut-être des avions américains, ils ne peuvent être que des avions américains. Personne ne se doute qu’ils appartiennent à la Luftwaffe, personne n’imagine qu’ils viennent attaquer le village. Car c’est bien le village de Piedicorte qui est visé. Une première reconnaissance de ces avions ne permet pas le doute. Quand les habitants du Village réalisent ce qui se passe, i1 est trop tard. C'est la stupeur. Les avions larguent en piqué leurs bombes de mort. (...) Cinq bombes tomberont sur Piedicorte. Deux bombes atteignent l’endroit, au centre du village, où se trouvaient les curieux devant la boucherie. Des maisons sont gravement touchées. L’explosion des bombes provoque un bruit assourdissant, des maisons s'écroulent soudainement dans la poussière et les gravats. Le drame se noue. Pire, les avions reviennent et mitraillent sans pitié les voies du village. Au sol, c'est la désolation, comme dans un cauchemar, les survivants traumatisés, recherchent leurs proches; parents, cousins, amis.

Voilà ce que disent les témoignages. On comptera neuf morts, et de nombreux blessés succomberont à leurs blessures.

Ils sont morts victimes de la barbarie nazie. Car il s'agit bien d'un acte barbare et calculé. Il ne s'agit certainement pas d’une erreur. L’objectif n'est pas militaire, il est civil. Il faut terroriser. Le contraire serait étonnant. I1 faudrait pouvoir le démontrer. Monsieur le maire et vous habitants de Piedicorte, vous pensez que ces tragiques événements ne sont pas assez reconnus, et que le devoir de mémoire doit s'imposer. L’inscription de cette cérémonie commémorative au calendrier du programme du 60ème anniversaire de la Corse apporte un début de réponse mais, cela ne suffit pas: il faudrait aussi que les historiens, chercheurs et étudiants, se penchent sur ce bombardement, afin de répondre à la question pourquoi ? Pourquoi Piedicorte ? Pourquoi des populations civiles ? Car Piedicorte doit être connu au titre des villages martyrs. Nous le devons à la mémoire des victimes et de leurs descendants (...)

 

Corte bombardé le lendemain.

 

Le lendemain, le 23 septembre, Corte fut touché par une attaque du même genre, sûrement en représailles à des activités de la résistance locale de plus en plus active dans la région où étaient organisés des parachutages d’armes et de « radios » militaires chargés de renseigner les autorités d’Alger sur le mouvement des troupes dans l’île.

Deux personnes trouvèrent la mort, deux autres furent gravement blessés, l’un d’entre eux mourut quelques mois plus tard, des suites de blessures.

 

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